Revente d’électricité : fiscalité de l’électricité vendue

Un chiffre sans appel : chaque année, des dizaines de milliers de foyers encaissent des recettes issues de la vente de leur électricité solaire, sans toujours mesurer l’impact fiscal de ces revenus. Derrière la promesse d’une transition énergétique citoyenne, la mécanique de l’imposition ne laisse pas de place à l’improvisation.

La fiscalité liée à la revente d’électricité produite par vos panneaux solaires n’a rien d’une zone grise. Dès le premier euro perçu, l’administration considère ce gain comme un revenu à part entière. Pour autant, la loi prévoit quelques issues favorables, à condition de respecter à la lettre certains critères : la puissance de votre installation, la destination finale de l’énergie produite et la nature de votre contrat avec l’acheteur. Pas de « coup de pouce » automatique ici, mais des dispositifs d’exonération à la portée bien balisée.

Le paysage fiscal varie fortement selon le régime choisi pour vos déclarations : micro-BIC ou régime réel. Ce choix, souvent dicté par la taille de l’installation ou le volume commercialisé, influe directement sur la part imposable de vos recettes. Le type de contrat signé, surtout si vous pratiquez l’autoconsommation partielle, peut aussi modifier la donne côté impôts. Mieux vaut ne pas s’y perdre au moment de remplir sa déclaration.

Revente d’électricité photovoltaïque : ce que dit la loi fiscale aujourd’hui

Depuis plusieurs années, l’administration fiscale a cadré la fiscalité de l’électricité vendue par les particuliers. Dès qu’une production d’électricité est injectée sur le réseau public, que ce soit grâce à une installation photovoltaïque résidentielle ou un dispositif plus vaste, des règles précises s’appliquent.

Depuis 2020, plus d’ambiguïté : toute revente d’électricité générée par des panneaux solaires, y compris la vente de surplus, entre dans le périmètre des revenus imposables. Le texte légal distingue selon la puissance de l’installation (exprimée en kWc) et l’utilisation de l’énergie. Les particuliers équipés d’une installation photovoltaïque de 3 kWc ou moins, qui vendent la totalité de leur production via un contrat d’obligation d’achat (type EDF OA), peuvent prétendre à une exonération d’impôt sur le revenu. Cela suppose aussi que la production ne soit pas liée à une activité professionnelle.

Si votre installation dépasse ce seuil, ou que vous consommez une partie de l’électricité et revendez le reste, le régime change. Les sommes perçues au titre de la vente d’électricité photovoltaïque sont alors considérées comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Dans ce cas, deux voies s’ouvrent : le micro-BIC (accessible sous condition de chiffre d’affaires) ou le régime réel (pour les installations plus puissantes ou les montages spécifiques).

Ce découpage fiscal implique des obligations déclaratives précises, la gestion éventuelle de la TVA, et l’application de prélèvements sociaux. Le choix du contrat, la puissance installée et la nature des recettes sont des points à examiner scrupuleusement pour ne rien laisser au hasard.

Quels revenus devez-vous déclarer et dans quelles situations ?

Déclarer la revente d’électricité issue d’une installation photovoltaïque demande de bien identifier les revenus à déclarer, selon l’origine et la configuration du dispositif. Le fisc opère plusieurs distinctions : puissance de l’installation, type de contrat, volume d’énergie injectée.

Pour les particuliers disposant d’une installation solaire de 3 kWc ou moins, un cadre d’exonération d’impôt sur le revenu s’applique, à condition de vendre l’électricité via un contrat d’obligation d’achat (EDF OA ou autre acteur agréé) et de maintenir l’installation hors du champ professionnel. Dans cette configuration, il suffit de mentionner les revenus exonérés à la case dédiée : aucun impact sur l’impôt n’est à craindre.

Dès que la puissance dépasse 3 kWc ou qu’une partie de l’électricité est consommée sur place (autoconsommation avec revente du surplus), la fiscalité bascule. Les revenus issus de la vente d’électricité sont alors traités comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Deux régimes sont alors envisageables :

  • Le micro-BIC, réservé aux recettes annuelles sous un certain plafond, permet de bénéficier d’un abattement forfaitaire sur les revenus.

  • Le régime réel, qui consiste à déclarer toutes les recettes et à déduire les charges réellement supportées pour l’activité.

La déclaration porte toujours sur les revenus bruts perçus. En micro-BIC, l’administration applique directement l’abattement. Pour les installations professionnelles, ou si l’activité est exercée dans le cadre d’une entreprise, les recettes sont rattachées aux bénéfices industriels et commerciaux classiques, avec les formalités qui en découlent.

Panorama des régimes d’imposition applicables à la vente d’électricité

Deux régimes structurent la fiscalité de la vente d’électricité photovoltaïque : micro-BIC et régime réel. Le choix dépend essentiellement du montant des recettes et du statut du vendeur.

Le micro-BIC convient aux producteurs dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 77 700 euros. Il suffit alors de déclarer le montant encaissé : un abattement automatique de 71 % s’applique, sans justificatif de charges. Ce dispositif, particulièrement adapté aux petites installations, simplifie la gestion administrative. Les revenus issus de la revente d’électricité sont à déclarer dans la rubrique des bénéfices industriels et commerciaux non professionnels.

En cas de recettes supérieures à ce seuil, le régime réel simplifié devient obligatoire. Il impose une comptabilité détaillée : chaque recette et chaque dépense (maintenance, amortissement, intérêts d’emprunt…) doivent être consignés et déclarés. Ce régime touche surtout les installations professionnelles, souvent intégrées à des structures agricoles ou commerciales.

L’application de la TVA dépendra du volume d’électricité vendu et du régime fiscal retenu. Selon les cas, le producteur peut choisir la franchise en base ou opter pour la collecte et la déduction de la TVA.

Les prélèvements sociaux (CSG, CRDS) viennent s’ajouter à la fiscalité classique, calculés sur les bénéfices tirés de la revente. Enfin, le taux marginal d’imposition (TMI) du foyer fiscal complète le dispositif.

Exonérations, abattements et astuces pour alléger votre fiscalité

Pour ceux qui maîtrisent la réglementation, la fiscalité de la revente d’électricité photovoltaïque réserve quelques avantages. Les particuliers équipés d’une installation photovoltaïque de 3 kWc ou moins, raccordée au réseau en deux points maximum et exploitée à titre non professionnel, profitent d’une exonération fiscale totale : aucune trace à reporter dans la déclaration d’impôt, aucun euro à payer sur ce poste.

Dès que cette configuration idéale n’est plus respectée, la fiscalité s’applique. Toutefois, plusieurs dispositifs permettent de limiter la pression fiscale :

  • Le micro-BIC accorde un abattement forfaitaire de 71 %. Seule la part restante des recettes est imposée, ce qui réduit d’emblée la note.

  • Le régime réel autorise la déduction de toutes les charges nécessaires à l’exploitation : amortissements, intérêts d’emprunt, frais d’assurance ou de maintenance.

  • La prime à l’autoconsommation, versée sous conditions, échappe à l’impôt sur le revenu.

  • Certaines installations donnent droit à un crédit d’impôt ou à des aides publiques, sous réserve de travaux éligibles et d’un installateur Reconnu garant de l’environnement.

  • Pour les dispositifs de moins de 3 kWc, la TVA au taux réduit s’applique dans certaines conditions.

En multipliant ces leviers, il devient possible d’optimiser la rentabilité de son installation photovoltaïque tout en restant dans les clous du droit fiscal. À chacun de tracer sa propre trajectoire solaire, entre ambition écologique et stratégie fiscale avisée.

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