Gérer sa propre activité d’infirmière libérale peut être gratifiant, mais les contraintes fiscales peuvent rapidement devenir un casse-tête. Entre les frais professionnels, les charges sociales et les impôts, vous devez trouver des solutions pour optimiser votre fiscalité. Des stratégies judicieuses existent pour alléger cette charge financière. Par exemple, choisir le bon régime fiscal, déduire au mieux ses frais professionnels, ou encore investir dans des dispositifs de défiscalisation. Connaître et utiliser ces leviers permet non seulement de réduire le montant des impôts, mais aussi de sécuriser l’avenir de son activité.
Comprendre les différents statuts fiscaux pour les infirmières libérales
Savoir s’orienter parmi les statuts fiscaux reste l’un des enjeux majeurs pour les infirmières libérales souhaitant alléger leur fiscalité. Deux solutions dominent le paysage : le régime des bénéfices non commerciaux (BNC) et la société d’exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL).
Le régime des bénéfices non commerciaux (BNC)
Pour la plupart, le régime BNC s’impose d’office. Il implique une imposition sur le revenu et la possibilité de déduire les frais professionnels au réel. Voici ce qu’il est possible d’imputer chaque année :
- Les cotisations sociales (URSSAF, CARPIMKO)
- Les frais de déplacement
- Les achats de matériel médical
- Les frais liés au local professionnel
La société d’exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL)
Choisir la SELARL donne accès à une gestion plus fine de la fiscalité et des finances professionnelles :
- Réduction des charges sociales
- Possibilité de percevoir des dividendes
- Gestion optimisée de la trésorerie et du capital
La SELARL relève de l’impôt sur les sociétés. Ce choix peut s’avérer plus pertinent à partir d’un certain seuil de revenus.
Structures complémentaires : SPFPL et SCI
Pour aller plus loin, il existe des structures comme la SPFPL (société de participations financières de professions libérales) ou la SCI (société civile immobilière), qui permettent de piloter plus efficacement les investissements et le patrimoine immobilier. La SPFPL détient des parts de SELARL ou de SCI, créant un écosystème adapté à la gestion de l’activité et des biens immobiliers.
Prendre le temps de sélectionner le bon statut ou de combiner plusieurs structures, c’est se donner toutes les chances de valoriser son activité libérale sur le long terme.
Les charges déductibles pour optimiser votre fiscalité
Connaître précisément les charges déductibles offre l’opportunité d’alléger la pression fiscale. Voici les principales catégories à surveiller de près :
Cotisations sociales et professionnelles
Les versements effectués à l’URSSAF et à la CARPIMKO figurent parmi les postes les plus significatifs et sont intégralement déductibles lors du calcul du bénéfice imposable.
Frais professionnels
Déplacements pour les visites à domicile, participation à des formations, frais de stationnement ou de péage : tous ces débours peuvent être retirés de votre base taxable, à condition d’en conserver la preuve.
Matériel et équipement
L’achat de matériel médical, des consommables jusqu’aux appareils informatiques utiles à l’activité, entre dans le champ des dépenses admises en déduction.
Local professionnel
Que vous louiez un bureau ou exerciez à domicile, une part du loyer, des charges ou des travaux d’aménagement peut être considérée comme professionnelle et donc déduite.
Pour clarifier les catégories de charges admises, voici les dépenses à examiner régulièrement :
- Notes d’honoraires : rémunérations versées à des intervenants extérieurs, comme un comptable, par exemple.
- Dépenses occasionnelles : frais liés à des événements ponctuels, tels que séminaires ou formations.
- Frais généraux : achats de fournitures de bureau, abonnements à des publications spécialisées, assurances professionnelles.
Bien exploiter ces différentes charges permet de limiter la base imposable et donc de diminuer l’impôt à régler. Une gestion attentive de ces déductions pèse clairement sur le résultat final.
Les erreurs à éviter en matière d’optimisation fiscale
L’optimisation fiscale, si elle est mal menée, peut vite se transformer en terrain miné. Voici les pièges les plus courants chez les infirmières libérales et comment les éviter.
Confondre les régimes fiscaux
Le choix entre le régime BNC et la SELARL détermine l’ensemble du fonctionnement fiscal : le premier relève de l’impôt sur le revenu, le second de l’impôt sur les sociétés. Prendre le temps de bien distinguer chaque option, c’est ouvrir la voie à une gestion réfléchie de la rémunération, des charges et de la trésorerie.
Ignorer les obligations comptables
La profession impose une rigueur comptable de chaque instant : livre-journal des recettes et dépenses, déclaration minutieuse des revenus. S’appuyer sur un expert-comptable fiable peut éviter nombres d’écueils, à l’image de ces infirmières qui, pensant pouvoir se passer d’accompagnement, se retrouvent sous le coup d’un contrôle fiscal pour une déduction mal justifiée.
Quelques exemples d’erreurs fréquentes à surveiller :
- Déductions non justifiées : chaque charge présentée doit être accompagnée d’un justificatif précis.
- Omissions de revenus : toute absence de déclaration expose à des sanctions. La transparence prévaut.
- Sous-évaluation des charges : une estimation trop basse prive d’économies fiscales potentielles.
Négliger les conseils professionnels
Le recours à un expert-comptable n’est pas un luxe superflu, surtout quand la législation évolue chaque année. Cet accompagnement sécurise vos choix, prévient les faux pas et garantit une fiscalité en règle.
Conseils pratiques pour réduire votre imposition
Choisir le bon régime fiscal
Le choix du régime, entre BNC et SELARL, conditionne la fiscalité d’une infirmière libérale. Le BNC, adapté aux structures modestes, implique une imposition sur le revenu. La SELARL, soumise à l’impôt sur les sociétés, permet d’agir sur la rémunération, les dividendes ou la gestion du capital. Pour celles qui souhaitent sécuriser leur patrimoine, la SPFPL et la SCI ouvrent des perspectives intéressantes dans la gestion des biens professionnels et immobiliers.
Maximiser les déductions fiscales
Pour alléger efficacement le montant de l’impôt, il s’agit de ne négliger aucune dépense professionnelle admise en déduction :
- Charges sociales : URSSAF, CARPIMKO, etc.
- Frais professionnels : matériel, déplacements, local.
- Notes d’honoraires et dépenses occasionnelles : chaque euro justifié compte.
Utiliser les crédits d’impôt
S’investir dans la transition énergétique de son local ou former du personnel peut ouvrir droit à certains crédits d’impôt spécifiques. L’accompagnement d’un professionnel s’avère précieux pour repérer ces dispositifs et en profiter pleinement.
Recourir à un expert-comptable
Confier la gestion fiscale et comptable à un expert-comptable, c’est gagner en sérénité et en efficacité. Ce choix, loin d’être superflu, évite des erreurs parfois lourdes de conséquences, tout en adaptant la stratégie aux évolutions du cadre légal.
Chaque choix fiscal dessine le futur de l’activité. Pour les infirmières libérales, la fiscalité optimisée devient un levier puissant : moins d’impôts, plus de sérénité, et la liberté de se concentrer sur l’essentiel, le soin au quotidien.


